Le PFE dit non aux provocations inacceptables du gouvernement Cameron !

Oct 13 2015

Le  gouvernement  britannique  a  rédigé une  liste  de quatre  exigences,  que  l’Union Européenne devrait satisfaire pour que le Royaume-Uni en reste membre :

1. La Grande-Bretagne doit  être officiellement exemptée du principe de « l’union sans cesse plus étroite ».

2. Il doit être officiel que l’Europe est une union « à devises multiples » et que l’euro n’est pas sa monnaie officielle.

3. Pour restituer des pouvoirs aux Etats, des groupes de parlements nationaux devraient être en mesure d’arrêter des propositions de directives et d’abroger des lois européennes existantes.

4. L’UE doit être réorganisée pour empêcher que les pays de la zone euro dominent les autres. Des protections spéciales doivent être accordées à la City de Londres.

Le Parti  Fédéraliste  Européen condamne  à la  fois  la  méthode  utilisée  et  le  fond de  ces exigences, en totale opposition avec l’idée fédéraliste.
La méthode s’apparente, en effet à une forme de chantage, basée sur une idée simple : « où vous acceptez que nous dictions les règles ou nous sortons ». En d’autres termes,  les Européens devraient subir les conséquences d’un pari politique interne au Royaume-Uni ; l’organisation d’un référendum sur le maintien ou non, dans l’Union. Sur le  fond,  les  quatre  conditions  posées  par  les  conservateurs  britanniques,  pour  rester  dans l’Union Européenne, sont hallucinantes et inacceptables ! En demandant d’être exemptée du principe d’une union sans cesse plus étroite, qu’il soit officiel que l’euro ne soit  plus la devise de l’Union, que les parlements nationaux puissent  abroger  les lois européennes, y compris existantes et que la City de Londres reçoivent une protection particulière, le Royaume-Uni se met en opposition frontale avec l’esprit de solidarité des fondateurs. Ce projet néfaste vise à vider la construction européenne de toute idée d’intégration en rendant la subsidiarité supérieure aux intérêts collectifs des citoyens de l’Union.

Résister au lobbying britannique
Le Royaume-Uni a désigné un certain nombre de diplomates, chargés de rechercher un consensus en Europe pour obtenir un accord sur la base des quatre exigences. Ces méthodes, qu’on peut qualifier d’anti-européenne ne doivent pas être acceptées.
Il est donc indispensable d’opposer un fin de non-recevoir très claire aux exigences indécentes du gouvernement britannique.

Oui au Brexit
Dans ces circonstances, il apparaît que la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne soit non seulement inévitable, mais également souhaitable, car elle ne peut pas continuer à rester une exception aux règles communes. Des négociations sur les principes fondamentaux ne sont donc pas acceptables. De plus, la sortie du Royaume-Uni permettrait une avancée plus rapide vers l’Europe fédérale. Le  Parti  Fédéraliste  Européen  fidèle  à  son  idée  d’approfondissement  de  l’intégration européenne s’oppose fermement à toute concession, qui mettrait l’Union Européenne en péril.

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3 Comments
  • Cameron a raison d’essayer. L’Europe aurait tort d’accepter l’une quelconque de ces 4 exigences. Mais surtout, l’Europe aurait considérablement avancé dans son intégration si elle n’avait pas traîné ce boulet qu’est la GB. Il est temps de couper les ponts et de rapatrier vers l’Europe les bénéfices de l’activité financière exercée par la GB dans sa city. En ce qui concerne la France, il sera nécessaire d’effacer l’interdiction du trading d’énergie en France dicté en 1999 par Paul Quiles lors de la transposition de la directive Européenne sur l’énergie. Il faut rapatrier les filiales de trading de Total, EdF et Engie vers la France. Entre autres…

    Un telle décision induira probablement le retour de la communauté Française de Londres. Il sera nécessaire de prévoir ce retour si l’on veut évite une envolée des salaires et de l’immobilier sur Paris (qui n’en n’a déjà pas besoin en raison des trop nombreux fonctionnaires que la capitale abrite aux frais du contribuable). Il faudra choisir entre implanter une city financière ex nihilo en France, ou (ma préférence) créer un Brasilia à la française, vers lequel seraient déportées toutes les administrations nationales scotchées actuellement à Paris. Plusieurs choix : Versailles (après tout le congrès des 2 assemblées y siège souvent), Vichy (le retour !) ou Notre Dame des Landes (pour un vrai « ex nihilo » et répondre à la préoccupation louable de J. Attali de donner une capitale portuaire au pouvoir français pour l’orienter un peu plus vers le monde extérieur). De l’air, de l’air !

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    Médard de Chardon
  • Aucune raison de satisfaire aux demandes de David Cameron : ou il accepte les règles européennes, ou la Grande Bretagne sort de l’Europe – la meilleure des solutions sans aucun doute. C’est une erreur d’avoir admis la GB dans l’Europe, certains et non des moindres l’ont dit et le disent encore : par ces 4 propositions, la GB voit d’abord son intérêt, ensuite et éventuellement celui de l’Europe. C’est inadmissible et le Brexit est inéluctable. Souhaitons que les responsables européens (hors GB) fassent bloc contre ces propositions, mais ils n’ont pas été très loquaces, jusqu’à présent…
    De plus, accepter les propositions (diktats ?) de David Cameron laisserait la porte ouverte aux mêmes revendications et à d’autres à coup sûr, de la part de pays actuellement dans l’Europe mais qui bruissent de semblables demandes (certains des pays de l’ancien bloc de l’Est par exemple, notamment sur les points 1 et 3 de David Cameron).
    À l’heure où l’Europe a besoin d’unité, d’un gouvernement stable et représentatif des diverses sensibilités qui travaillent dans le même sens, d’un poids dans les négociations internationales, il serait suicidaire de réactiver les égoïsmes nationaux. Camus disait que l’Europe est la chance de la paix : si certains veulent la guerre, qu’ils sortent de l’Europe et qu’ils retrouvent leur souveraineté. Quoi qu’il arrive ensuite, ils auront choisi et se débrouilleront avec leurs nationaux – on les verra peut-être alors se rapprocher de nouveau de l’Europe…
    Mais une Europe fédéraliste suppose une constitution rigoureuse et une application tout autant – les 60 propositions sont une base, à expliciter sans tomber dans le  » fleuve  » qui a été proposé il y a quelques années. Vaste travail, mais seule la bonne volonté arrive au mieux. COURAGE !

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    Meunier Jean-Louis
  • Parlez-vous du Royaume-Uni (qui est un Etat) ou de la Grande-Bretagne (qui est une île) ? 😉

    Sinon au vu de la politique Cameron, je suis favorable à un Brexit, comme une majorité de français je pense.

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    Desman

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